Ce roman est très prenant. Le fil de l'histoire ne s'interrompt jamais. Au début on est porté par le mystère, le "grand secret", qui n'est révélé qu'à la 149e page... Ils en parlent beaucoup, et personne ne semble savoir ce que c'est mais tout le monde le poursuit. L'auteur parle de personnes politiques très connues (Nehru, Kennedy, De Gaulle, Mao...). On suit les aventures d'une femme, Jeanne, follement amoureuse de Roland, son amant, disparu, qui va donc découvrir le secret pour retrouver son amour. Après la découverte du secret que le lecteur découvre en même temps que Jeanne, le rythme effréné qui soutenait jusque là le roman s'effiloche. Le temps est ralenti, on lit toujours avec plaisir mais sans exaltation... Puis le roman fait une pause, on retourne dans "le vrai monde", à partir de maintenant on suit les aventures de Jeanne et de la communauté libre crée à cause du secret, mais aussi du monde extérieur. Un tourbillon, de l'amour, un peu de sang... On découvre que les utopies de cités parfaites et libres s'effondrent souvent... Le premier sang est coulé, en même temps que la création de la vie (Barjavel a une magnifique plume quand il s'agit de décrire la femme, l'amour, la vie...), le lecteur s'essoufle mais pas le rythme du roman... Une pause, un grand feu, pas mal de désillusion mais une touche d'espoir, en reposant le livre on se trouve un peu bête, vidé de toute envie de parler, rire, pleurer. Les idées et pensées fusent dans notre tête, on n'arrive pas à s'exprimer. On éteint la lumière en se promettant de réfléchir à tout ça, aux sujets principaux du roman... Que faire si on découvrait une chose que personne ne peut contrôler ? L'amour ? L'âge ? L'immortalité ? La cité idéale peut-être résisté à travers les âges ? J'aime Barjavel... <3